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Chapitre 6 - Le numérique

6. Le numérique May 26, 2026 11:29:36 AM Nicolas Tchekhoff 7 min read

Chapitre 6 - Le numérique

6. Le numérique May 26, 2026 11:29:36 AM Nicolas Tchekhoff 7 min read

Commentaires

 

6. Le Numérique

 

Regarder une vidéo en streaming, c’est un peu comme laisser tourner le moteur de la voiture. Pour réduire sa consommation d’énergie, on peut parfois baisser la qualité des vidéos que l’on regarde grâce à un petit bouton en forme d’engrenage, cela permet de baisser la consommation d'énergie. 
La part du numérique dans les émissions de GES augmente chaque année dans le monde, c’est la pollution qui a augmenté le plus vite ces dernières années.
Depuis peu, le numérique pollue plus que les avions !


Entre la fabrication d’objets connectés et l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, les spécialistes ont fait des calculs et nous ont affirmé que notre mode d’utilisation n’est pas durable du tout. Nous avons doublé notre consommation numérique en cinq ans et avec l’arrivée de la 5G nous sommes sur la bonne voie pour doubler encore dans cinq ans.
Des milliards de disques durs qui tournent, cela demande beaucoup d’énergie et d’eau, et chacun de ces disques est remplacé tous les dix ans environ. Ce sont des millions de Datacenters qui sont remplis de serveurs qui répartissent les informations dans le monde, sans oublier les machines qui creusent pour trouver des métaux rares et précieux qui composent ces disques, nos écrans, il y a des usines de pièces détachées aux quatre coins du monde.
Le numérique va changer, devenir plus cher probablement, avec un bilan carbone pareil, ça ne peut pas durer.
La miniaturisation est en cours. Etant donné la quantité d’informations stockées sur le réseau, il va falloir compresser, centraliser, regrouper tout ça de manière à réduire l’impact sur notre environnement.
Au lieu de climatiser les salles remplies de disques durs, on s’organise pour récupérer la chaleur et l’utiliser pour chauffer des piscines, des hôpitaux… Le numérique est sans arrêt en transition. Le souci, que l’on retrouve aussi dans d’autres secteurs, c’est que plus on trouve de solutions pour économiser de l’énergie, plus on développe des outils qui consomment l’énergie que l’on a économisée. On appelle ça l’effet rebond.

C’est comme pour les voitures qui ont des moteurs de plus en plus performants et qui consomment toujours autant, voire plus, puisque les voitures sont de plus en plus lourdes.
Ce qui est différent avec la part du numérique, c’est l’utilisation futile. C'est-à-dire que la majeure partie des vidéos sont dans la catégorie des divertissements qui nous écartent de l’action. 
La vidéo en ligne, c’est plus de deux tiers de la pollution du numérique. Quelques pour cent de nos GES mondiales sont dues à des vidéos stockées aux quatre coins du monde. En quelques clics on pourrait supprimer tout ça, ne garder que l’essentiel.
En supprimant seulement la moitié des données, on libérerait de l’espace de stockage pour plusieurs années, on éteindrait la moitié des disques, des serveurs. Cela laisserait du temps pour miniaturiser, organiser la transformation du numérique pour un système durable.
Chaque jour, plus d’un milliard d’heures de vidéos sont visionnées et environ 700 000 heures de vidéos sont ajoutées, uniquement sur Youtube.
Comment réguler sans aller contre la liberté d’expression ?
Quelles vidéos doit-on supprimer pour faire de la place ? Quel que soit le thème, on ne sera pas tous d’accord.
Alors on fait quoi ? On garde tout ?
Doit-on garder ce que le public a le plus « liké » ?
Doit-on garder ce qui a un intérêt pour notre avenir ?
Comment choisir ? 
Comment stocker toutes ces données en consommant le moins possible ? Des questions sur lesquelles nos « têtes d’ampoules » se penchent.
Peut-être que la solution se trouve dans l’ordinateur quantique, ou bien le stockage d’information dans l’ADN, mais pour l’instant, c’est encore flou.
Grosso modo : un quart du stockage vidéo mondial correspond à Netflix, Disney, Prime… un quart pour YouTube et autres plateformes de contenus, un quart pour nos vidéos et photos de famille et un dernier quart de pornographie. Ce qui est hors loisirs sur Internet ne consomme presque rien. Donc le numérique est une pollution futile, à ceci près que le divertissement est indispensable au bien-être.
Heureusement qu’il existe d’autres formes de flâneries, et des moyens de réduire considérablement l’impact du numérique, en se concentrant sur la partie utile.
Ce que j’explique aux enfants, c’est de bien garder en tête qu’il est fort possible que les écrans deviennent de plus en plus chers, et que donc on ne devrait pas trop s’y attacher.
Les métaux rares sont, comme leur nom l’indique, de plus en plus rares et on ne peut pas recycler efficacement des microgrammes.
Connecter le distributeur de croquettes, le frigo, la poubelle, mettre des puces GPS sur le chien, sur les clés… cela risque de nous rendre de plus en plus dépendants… assistés par ordinateur et un jour, c’est nous qui assisterons les machines, d’ailleurs c’est déjà le cas. Il existe des usine de robots ménagers où des milliers de cobayes humains exécutent des activités du quotidien pour entrainer l’IA.

Le numérique ne disparaîtra pas, il va simplement changer encore et encore. Peut-on espérer qu’il devienne plus responsable ? Avec le développement de l’Intelligence artificielle, nous allons devoir concilier technologie et écologie. L’IA aide à mesurer, surveiller, détecter, analyser… Donc son utilisation est parfois utile. Du côté pratique, le wifi consomme trois fois moins d’énergie que la 4G ( Imaginez la 5G ! ), donc il est plus sage de privilégier la connexion wifi.
Vous savez ce qu’est un avatar ? ( Non, je ne parle pas des extraterrestres bleus de Pandora ) C’est un petit personnage virtuel que l’on crée pour se représenter sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo en ligne.
Et bien, ce petit personnage virtuel, créé en quelques secondes, consomme plus d’énergie que six somaliens… en moyenne.
Tout comme on gaspille parfois de l’eau, on gaspille aussi des ressources, de l’énergie, du temps … et notre santé par la même occasion.
Partons du principe que notre temps est précieux, qu’il peut être employé soit à améliorer ce monde, soit à le détruire.
Quoi que l’on fasse, on choisit de polluer, ou pas.
Parfois on a l’impression de ne pas avoir le choix, mais c’est faux, on a toujours le choix. 
Assumer le choix est parfois difficile, donc on choisit le moindre mal, le déni encore.
De plus, notre cerveau nous récompense à chaque fois que l’on économise un effort, de l’argent, à chaque fois que l’on gagne du temps ou quand on fait plaisir à quelqu’un… même quand on aide quelqu’un à polluer, on reçoit un shoot de dopamine. Notre attention est précieuse, nous donnons souvent notre temps et notre attention à des choses futiles qui polluent.
Certains jeunes « gamers » sont capables de regarder quelqu’un qu’ils ne connaissent pas jouer à un jeu vidéo en streaming pendant des heures, ou encore de scroller sur TikTok ou Instagram sans but ni émotions. Les algorithmes sont fait pour nous rendre dépendants. 




L’art est pour moi le meilleur des divertissements, mais chacun voit midi à sa porte. Le sport, le tricot, le bricolage, la promenade… sont très bien aussi.
Nous faisons partie de ces pays riches qui polluent beaucoup. Nous sommes habitués à polluer cent à mille fois plus que nos voisins africains, est-ce vraiment un privilège ? 
Une fierté ?
Contrairement aux idées reçues, la sobriété énergétique augmente le bonheur de la population. Être un adulte responsable est bon pour l’estime de soi, bon pour le moral, agir fait du bien.

Plusieurs enfants m’ont confié « avoir besoin » des écrans pour être heureux. Pourtant les statistiques sont claires, le bonheur ne dépend pas du confort numérique. Les écrans ne remplacent pas le contact humain. Plusieurs études ont démontré que les écrans peuvent être un frein au développement intellectuel, social et physique, mais tout dépend de l’utilisation que l’on en fait. C’est aux parents de surveiller et d’expliquer les conséquences. 
Les enfants de cette génération sont hyper sociaux, ils communiquent beaucoup entre eux et c’est une bonne chose pour stimuler l’intelligence collective qui nous permettra de trouver des solutions à nos problèmes.

La vidéo en ligne est en train de remplacer les chaînes de télévision, chacun regarde ce qu’il veut, quand il veut, toutes les connaissances de l’humanité tiennent dans notre poche.
Malheureusement, beaucoup ne regardent que ce qui confirme leurs croyances, la réalité est si dérangeante que la plupart choisissent la fuite, le déni. C’est un mécanisme naturel assez troublant, la vérité ne s’impose pas par la contrainte. Pour faire réfléchir quelqu’un, il est préférable de trouver les bonnes questions plutôt que de se moquer de son déni, après tout nous ne sommes pas responsables de ce que pensent les autres, la meilleure façon de faire changer quelqu’un est de montrer l’exemple. 
Que nous soyons parent ou professeur, nous ne pouvons que préparer les enfants à un retour aux activités manuelles durables, leur indiquer que leurs enfants à eux n’auront, pour la plupart, pas de téléphone neuf, ni de tablette neuve, ni de jouets en plastique neufs et que c’est bien mieux ainsi.
On peut espérer que les bons côtés de la technologie numérique resteront présents, l’information rapide et diversifiée, les outils de médecine à distance, assistés par ordinateur, les visio-conférences qui permettent de réduire les déplacements, le télétravail, la dématérialisation… le téléphone peut remplacer beaucoup d’objets, donc c’est un outil formidable, il peut remplacer un ordinateur.



L’obsolescence programmée est aussi à la racine de notre problème, tous nos appareils ne sont pas conçus pour durer, au contraire. Il faut bien comprendre que les vendeurs n’ont pas intérêt à nous vendre du matériel durable, le but d’une entreprise est de vendre. 
Par exemple un ordinateur ou un téléphone devient obsolète en quelques années, les mises à jour ne sont plus possibles. 

Heureusement il y a Linux, un système d’exploitation relativement facile à installer qui permet de redonner une seconde vie à nos vieux ordis. Gratuit, libre, il résiste mieux aux virus et aux crashs, il est rapide, compatible, et il est donc utilisé et conseillé par beaucoup d’informaticiens. 

Un téléphone représente une quantité monstrueuse de minerais, de transports des pièces détachées, chacune de ces pièces sont emballées, bref, prenons soin de ces précieux outils de communication et gardons les le plus longtemps possible. La marque Fairphone est la seule à prôner une fabrication éco-responsable et éthique, il fonctionne bien avec le système d’exploitation « Murena » pour allier la durabilité et la confidentialité.

L’intelligence artificielle est aussi très énergivore, malheureusement son utilisation se généralise. De plus, elle est sur le point d’atteindre « la singularité », c’est à dire qu’elle va bientôt pouvoir s’améliorer toute seule et les conséquences de cet évènement sont totalement imprévisibles.

Pour conclure sur ce sujet, je vous suggère de prendre du recul en prenant en compte que chaque génération à toujours une tendance à dire « c’était mieux avant » alors qu’il y a du bon et du mauvais dans chaque époque de l’histoire.
Nous sommes capables de transformer notre utilisation du numérique, de la sublimer, comme le reste.

Nicolas Tchekhoff

Soyez courtois et respectueux !