Chapitre 1 - Bref constat
Chapitre 1 Chapitre 1 . Bref Constat Apr 14, 2026 10:10:20 AM Nicolas Tchekhoff 7 min read
Chapitre 1 - Bref constat
Chapitre 1 Chapitre 1 . Bref Constat Apr 14, 2026 10:10:20 AM Nicolas Tchekhoff 7 min read
1 . Bref constat
Avant de parler des solutions, un constat s’impose. On est en train de transformer notre planète en poubelle.
Cette génération se retrouve avec un défi de taille, d’après l’ONU, « une situation de menace existentielle directe ».
Deux tiers des arbres ont été rasés de la surface de la Terre en cent ans, deux tiers des insectes ont disparu en cinquante ans, des millions de personnes meurent à cause de la pollution chaque année.
La liste des chiffres est longue et facile à oublier, c’est pourquoi je préfère vous donner des mots, je vous laisse rechercher les chiffres « exacts ».
La production de pétrole ralentit doucement depuis plus d’une décennie, le moment est plus que venu d’inverser la vapeur, de rétropédaler… d’amorcer une « décroissance ».
« Une croissance infinie n’est pas possible dans un monde aux ressources finies ».
Le doute ne tient plus la route, le constat est dramatique.
Attention, l’inverse de la croissance, ce n’est pas la décroissance, économiquement, l‘inverse c’est la récession. Une décroissance c’est bien.
Nous avons dépassé sept des neuf limites planétaires, concept énoncé par un groupe d’experts de Stockholm :
- Le changement climatique
- L’érosion de la biodiversité
- Le changement d’utilisation des sols (en majorité la déforestation),
- L’introduction d’entités nouvelles (pollution chimique),
- La perturbation du cycle du phosphore et de l’azote
- Le cycle de l’eau bleue et de l’eau verte
- L’acidification des océans qui vient juste d’être dépassée
Les deux dernières étant celles que l’on n’a pas encore dépassées.
- L’augmentation des aérosols dans l’atmosphère
- L’appauvrissement de l’ozone stratosphérique
Heureusement, ce ne sont pas des points de non-retour, ce sont des zones d’incertitudes ; chiffres à partir desquels l’avenir devient instable dans chacun de ces sujets.
Malheureusement, on peut ajouter la démographie et la raréfaction des ressources, deux autres limites planétaires qui ont leur importance.
On peut affirmer que c’est très mal parti pour la transition en douceur tant attendue, on n’est pas dans les temps, les mauvaises habitudes ne changent pas assez vite.
Notre président se félicite d’avoir respecté ses ambitions de réductions d’émissions alors qu’il a abaissé ses objectifs…
De plus la baisse des émissions de son premier quinquennat est due aux confinements.
“ Qui aurait pu prédire la crise climatique ? »
Les spécialistes du climat sont quasiment unanimes et formels, il ne reste plus que deux possibilités :
Soit on ralentit fortement la croissance économique mondiale et on a une chance d’atteindre la neutralité carbone entre 2040 et 2050, ce qui permettrait une potentielle stabilisation du climat, soit le réchauffement dépasse la limite et le climat s’emballe de manière imprévisible et chaotique.
Que font les dirigeants ? Sont-ils vraiment en train de nous laisser détruire notre propre environnement ?
Nous, les « civilisés », demandons toujours plus de confort tandis que les pays pauvres auraient bien besoin d’aide pour sortir de la misère. Nous sommes pour la plupart partagés entre le souhait d’égalité et celui de vouloir garder notre confort. Nos dirigeants ne laisseront probablement pas l’humanité s’autodétruire sans rien faire. Il est plus simple pour eux de nous manipuler, quitte à provoquer une guerre civile ou bien détruire l’environnement. Ils ont une « marge d’erreur », et il y a des « dommages collatéraux ».
Les dirigeants les plus sages veulent voir l’humanité prospérer ensemble, les autres veulent juste réussir leur carrière sans être trop inquiétés.
Beaucoup de citoyens pensent qu’une guerre civile est inévitable, que le système mondialisé est une machine sur le point d’imploser. Pourtant, il nous reste une porte de sortie, nous avons encore le choix entre la sobriété et la pauvreté. Pour anticiper, il est bon de se préparer au pire, en espérant le meilleur.
Le temps n’est plus à la prière, il est temps de se remonter les manches.
Beaucoup pensent qu’il est trop tard, mais scientifiquement c’est inexact, c’est trop vague.
Trop tard comment ? Trop tard pour quoi ?
Le pire scénario : une guerre mondiale, civile ou les deux.
Le plus plausible : une récession, longue et injuste.
Le rêve : Trouver un moyen de prospérer, ensemble.
En cas de guerre civile, ou de récession grave, que se passerait-il ?
Ce n’est pas la première inflation, ce ne serait pas la première guerre civile de l’histoire, nous savons ce qu’il peut se passer. Et nous savons comment nous y préparer.
Dans le pire scénario, il n’y aurait plus d’accès au pétrole donc aux produits de première nécessité.
Nous n’aurons plus qu’à faire pousser des légumes partout, des haricots, des pois chiches, élever des poules et des lapins, pour éviter les émeutes de la faim comme ils ont fait à Cuba en 1978.
Donc relocaliser, développer l’autonomie et la résilience.
Si nous n’avions plus de chauffage, il nous faudrait nous équiper en isolation, comme l’on fait les pays nordiques.
Autant commencer maintenant, la production locale et l’isolation sont dans les priorités.
Anticiper le pire, c’est plus prudent.
Le système de santé va se détériorer, il va donc falloir prévenir plutôt que de guérir, apprendre à prendre soin de soi puisque les médecins sont débordés.
L’augmentation du prix de l’électricité va réduire l’utilisation des technologies. Les divertissements devraient redevenir manuels, la récup’, la réparation et la réutilisation vont redevenir la norme.
Il restera forcément du pétrole pour certains quoi qu’il arrive, donc sachant que les machines coûtent moins cher que des esclaves, que choisirait un dictateur, d’après vous ?
On en est là, il est trop tard pour éviter le réchauffement mais on peut s’adapter si on s’entraide.
Malheureusement, l’alarme sonne depuis si longtemps que beaucoup refusent d’y croire, on ne l’entend plus.
Il n’y a pas si longtemps encore, un rapport du GIEC qui sonne l’alerte rouge… Puisque l’alerte tout court n’a pas été prise au sérieux...
Il y a une dissonance cognitive dans le cerveau de la plupart d’entre nous... L’envergure du problème est tellement grande qu’on a du mal à prendre conscience que l’on est important à notre petite échelle.
Nous savons que ça va chauffer, nous savons qu’il est nécessaire de ramasser le plastique des océans, qu’il faut produire de la nourriture de qualité, des transports « propres »…
Mais par où commencer ?
Par informer peut-être… pour mettre tout le monde dans la même direction.
Je commence souvent mes ateliers écolos avec cette petite question : Savez-vous quelle température il faisait durant la dernière ère glaciaire en moyenne sur Terre ?
C’est un argument parlant ; il y a dix mille ans, on avait dix degrés en moyenne sur terre, dix degrés ça ne donne pas du tout le même paysage. C’est l’âge de glace !
Aujourd’hui, il fait quinze degrés, les trois kilomètres d’épaisseur de glace qui recouvraient Paris ont fondus, les océans sont cent vingt mètres plus haut qu’à l’ère glaciaire.
Le climat est tempéré en Europe... On est bien !
Et bien… dans les prévisions, on parle d’une augmentation de deux à sept degrés de plus en fonction du scénario.
Nous sommes passés de dix à quinze degrés en mille ans, nous passerions de quinze à vingt-deux en cent ans !
Vertigineux, non ?
L’homme existe depuis deux millions d’années et la sélection naturelle nous a rendu où nous en sommes aujourd’hui… Après avoir traversé la révolution industrielle et technologique, voici l’ère du plastique. Homo-détritus !
En cinquante ans, nous avons tout détruit !
Nous savions, pourtant nous l’avons fait. Nous avions le droit de le faire, et nous l’avons fait !
Nous avons violé la Terre, avec nos tracteurs, nos explosifs et nos tractopelles. Pour l’argent, pour le confort, pour voir ce qui allait se passer.
Nous y voilà, au pied du mur, nous sommes capables de détruire notre environnement et nous ne savons pas combien de personnes survivront au dérèglement climatique.
Je vous avais prévenu, on va se marrer !
On peut ignorer les faits, le déni simplifie la vie. Ou alors on peut changer et « sauver l’humanité », tenter de ralentir notre extinction. C’est bon.
L’humain ne disparaîtra pas totalement, mais que restera-t-il de notre civilisation ? Des survivants traumatisés ?
Passé la limite de 2,5 degrés de plus… on ira très probablement jusqu’à sept… à cause du pergélisol (sol gelé) qui renferme plus de CO2 que tout ce qu’on a déjà produit. Si l’on restait en dessous des deux degrés, il serait possible de redescendre à 1,5 avant la fin du siècle ou du millénaire.
Quoi qu’il arrive, ça va chauffer doucement, mais on peut encore éviter le pire, restons concentrés.
Dans notre environnement, tout est connecté, un battement d’aile de papillon peut changer le cours de l’histoire.
C’est une image pour dire qu’on est tous importants.
Certaines personnes ont plus d’influence que d’autres c’est sûr, mais l’on ne sait jamais, il se pourrait que vous ayez de l’influence sur une personne qui va devenir quelqu’un d’important.
Nous vivons une période historique, les décennies qui arrivent annoncent un gros changement économique et social.
Une nouvelle ère commence, une nouvelle renaissance.
C’est palpitant !
On pourrait croire que c’est la démographie le problème... mais beaucoup d’études prouvent que nous pourrions accueillir au moins trois milliards d’humains en plus si nous changions tous notre façon de vivre.
La démographie se régulera d'elle-même par manque de nourriture et de libido.
Interdire de faire des enfants ce n’est pas souhaitable…
Mais proliférer comme des parasites, ce n’est plus possible ! Nous devons trouver un équilibre.
La porte d’un avenir « paisible » est en train de se refermer, il y aura quoi qu’il arrive un avenir pour la génération suivante mais lequel ?
La simplicité, ou la guerre ?
Nous sommes à un point de bascule. Les accords de Paris, le dernier rapport du GIEC et le Plan de Transformation de l'Économie Française du « The Shift Project » sont des données à prendre en compte.
Les décisions politiques doivent être à la hauteur des enjeux, le temps n’est plus au compromis ou aux promesses, c’est le temps des actes.
Alors oui, les dirigeants ont un pouvoir supérieur au nôtre c’est un fait, mais nous avons tous beaucoup plus d’impact sur l’avenir que ce que l’on peut croire. Quand on habite dans un pays développé, on a chacun d’entre nous, individuellement, un bilan carbone supérieur à celui de beaucoup de villages chinois, indiens ou africains.
La France a de l’influence dans le monde ; changer sa ville, c’est changer un petit bout de la France.
Prendre son vélo plutôt que sa voiture peut indirectement sauver des vies, et dans tous les cas cela montre le bon exemple.
On n’est pas tous capables de le faire, on ne demande pas à un handicapé de faire du vélo... mais ceux qui peuvent ont le devoir moral de le faire, d’essayer de le faire.
Tout du moins ce serait bien d’y penser, de se préparer psychologiquement et physiquement au changement qui arrive.
La précarité est en hausse, allons-nous laisser nos voisins dans la misère ?
Il est encore possible de mélanger la technologie et la sobriété. On y croit et on est prêts !
On doit le faire, et on va le faire parce qu'on n'a pas le choix. C’est à nous tous de faire un pas après l’autre dans la bonne direction.
Certains auront l’impression de mériter plus de confort que d’autres et forcément, il y a débat... il y a de quoi discuter.
Nous n’avons pas d’autre choix.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères (et sœurs) sinon nous allons mourrir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King.