Chapitre 4 - Construction
4 - Construction May 4, 2026 11:01:36 AM Nicolas Tchekhoff 5 min read
Chapitre 4 - Construction
4 - Construction May 4, 2026 11:01:36 AM Nicolas Tchekhoff 5 min read
4. Construction
Tout d’abord l’étalement urbain prive les animaux de leur habitat naturel, on s’étale et il y a de moins en moins de nature. En France, toutes les quinze secondes environ, la taille d’un terrain de foot est recouverte de béton. Chaque année ce sont des MILLIONS de kilomètres carrés de verdure qui disparaissent et chaque année de plus en plus vite.
Les plus inquiets sont les plus pauvres qui ne sont pas climatisés, ceux qui vivent sous les toits. Les villes et les banlieues manquent cruellement d’espaces verts, elles seront les premières impactées par la hausse des températures.
Une rénovation thermique, une végétalisation, une transformation amènerait beaucoup d’emplois utiles. L’association « Banlieue climat » redonne de l’espoir à tous les quartiers populaires de France avec des actions d’information et des initiatives locales.
Les immeubles en verre sont comme des serres qui ont besoin de climatisation pour être vivables, cette architecture est obsolète. On voit apparaître des “ immeubles-forêts “, des voiles blancs dans les rues, le futur s’annonce coloré.
La démographie augmente, il est donc normal de construire de nouveaux logements pour loger les nouveaux habitants. Mais il existe des solutions pour éviter le béton, car c’est bien le béton le plus gros problème.
Pour le fabriquer il faut beaucoup de sable : trente milliards de tonnes par an. Le sable est la deuxième ressource la plus utilisée sur Terre, après l’eau.
Il provient de nos rivières, de nos carrières qui arrivent à épuisement, des fonds marins, de nos plages, ou de celles des voisins...
Le sable du désert est rond, malheureusement il n’est pas utilisable en construction.
Il faut aussi du ciment qui est fabriqué à partir de blocs de calcaire cuits à haute température et broyés avec beaucoup d’énergie, de la ferraille, du plastique, des millions de kilomètres de câbles, de gaines, des fenêtres et des portes blindées… bien évidemment.
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Heureusement, il y a des solutions.
Il existe des maisons passives, c'est-à-dire qui captent plus de CO2 qu'elles n’en produisent à la construction (ou presque).
Comment est-ce possible me direz-vous ?
Hé bien tout simplement, en utilisant du bois et /ou des matériaux qui étaient destinés au recyclage.
Les maisons en bois, en paille ou chanvre, ont capté du CO2. Le carbone de l’air est capté par les feuilles des arbres pour épaissir le tronc donc il est stocké dans les murs et les poutres en bois, une fois à l’abri de l’eau.
Le carbone est alors séquestré à la fabrication contrairement au parpaings, aux briques ou au béton armé qui ont demandé une énorme quantité d’énergie, au niveau fabrication, transport, stockage...
A choisir entre une maison qui stocke du CO2 et une autre qui en produit, le choix paraît simple et pourtant on continue de construire des maisons en béton, en briques, des bâtiments de cinquante étages, des zones industrielles et abris bus en ferraille…
Dans une forêt les arbres meurent, tombent au sol, se décomposent avec l’humidité. Et en se décomposant, ils relâchent le CO2 qu’ils ont capté pour grandir. Cultiver le bois est donc une solution d’avenir.
Dans une maison le bois est sec, il ne se décompose pas, donc le carbone qui le compose reste solide, il se retrouve séquestré dans l’habitation.
Il n’existe pas de meilleur moyen pour absorber du CO2 qu’un arbre. Les océans saturent donc il faudrait penser à cultiver plus d’arbres à la place de la nourriture destinée aux élevages intensifs.
Il existe aussi des maisons passives en matériaux recyclés, des pneus, des bouteilles... on peut même y mettre des déchets ! Ainsi, les déchets des uns sont les ressources des autres.
Le béton-chanvre, le carton recyclé, les isolants en vêtements recyclés, les containers aménagés, les habitats légers… Il reste beaucoup à inventer, une multitude de solutions durables.
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Depuis des milliers d’années, on construit des maisons en terre, en pierre, en bois… En fonction de l’endroit où l’on construit, certaines techniques sont possibles d’autres non, on s’adapte au terrain.
De nos jours, les maisons en béton poussent comme des champignons, l’isolation est souvent médiocre, les murs ne respirent pas et elles ne durent pas plus longtemps en général, contrairement aux techniques ancestrales qui ont fait leurs preuves. Cela dit, la terre argileuse de nos sols est comme une éponge, elle gonfle et dégonfle, des millions de maisons se fissures à cause de ces mouvements que fait la terre. Il faut donc rénover.
Des habitats plus légers, déplaçables, c'est-à-dire sans fondations sont des solutions durables à ne pas négliger, pourtant la loi ne les accepte pas souvent, les lois doivent évoluer dans ce sens.
Les méthodes anciennes demandent plus de main d’œuvre, mais moins de matériel, plus d’heures de travail mais moins de matériaux coûteux. Ça tombe bien ! On va avoir de la main d’œuvre quand on va arrêter de produire le superflu !
Petite anecdote en aparté, le plus grand fournisseur de béton du monde, l’entreprise Lafarge a été accusé de financer Daesh… Ils font dans la démolition et la construction... Formidable !
En 2022, l’entreprise Lafarge a été condamnée à payer 778 millions de dollars pour avoir soutenu un groupe terroriste.
D’autre part, l’entreprise brûle des millions de pneus pour chauffer ses fours depuis des années, produisant des fumées toxiques. Empiler des pneus en quinconces ( et les remplir de gravas ou de déchets ) serait plus judicieux que de les bruler pour fabriquer des parpaings, il est possible de recouvrir les pneus avec de la terre et de la chaux pour l’esthétique. On y voit que du feu.
Pour faire face au lobby du béton, il y a de plus en plus de petits constructeurs de maisons éco-responsables. Il existe même des formations de toutes sortes sur l’auto-construction écolo, des accompagnements qui suivent les travaux jusqu’à l’autonomie...
Une aventure qui vaut le coup je pense quand on fait construire, faire en sorte de polluer le moins possible, et peut-être devenir autonome en énergie. Les maisons imprimées en 3D ont un avenir certain si l’on arrive à y mettre de la terre, du chanvre ou des déchets comme matière première.
Pour résumer, il existe plusieurs techniques ancestrales qui fonctionnent toujours très bien, la terre paille, les briques de terre crue, le torchis, le pisé... Toutes ces techniques sont complémentaires, mais il n’y aura pas assez de paille ni assez de bois pour remplacer tout le béton et la ferraille. Il nous faudra donc construire moins, plus petit, restaurer ce qui existe, utiliser des matériaux recyclés et durables.
Les Tiny houses, les Kerterres, les Yourtes, des Wigwams… Il existe toutes sortes de solutions, il y en a pour tous les goûts, tous les budgets. Construire durable est dans les priorités. Ce secteur pourrait capter du carbone au lieu d’en produire. Ce n’est pas gagné dans l’esprit des maçons qui ont pris l’habitude de travailler le ciment. Une taxe sur le béton s’impose, ce sera un grand changement dans l’habitat, car quelques entreprises feront tout pour rester sur le marché.
Le boycott est la seule option encore et toujours, les citoyens, les collectivités vont devoir résister à la tentation de faire appel à des constructeurs béton… autant que possible.
Au lieu de démolir, on pourrait déconstruire, et on pourrait même retirer du goudron au lieu de continuer à artificialiser le sol. Dans la loi Climat et Résilience de 2021, l'objectif ZAN (Zéro Artificialisation Nette) fixe un cap clair : atteindre une absence d'artificialisation nette des sols d'ici 2050.
Nous allons adapter nos modes de vie, redéfinir le concept de maison moderne, développer les low-tech, réduire la taille des nouvelles maisons, optimiser l’espace…
Et penser à laisser la terre respirer.